T2 2024 – Sous la surface : réalité canadienne de la sécheresse et résilience des terres agricoles

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Après une année marquée par des incendies de forêt et des inquiétudes mondiales persistantes concernant la pénurie d'eau, les gros titres du début de la saison agricole 2024 en Amérique du Nord, en Europe et en Amérique du Sud ont inclus des discussions sur le risque de sécheresse et la disponibilité de l'eau. En tant que gestionnaire de premier plan des terres agricoles et des investissements agricoles au Canada, on demande régulièrement à Bonnefield si ces gros titres signalent des risques croissants associés à l'investissement dans l'agriculture et les terres agricoles. La réponse courte est : cela dépend.

La géographie et les pratiques de gestion agricole actuelles influent sur le risque relatif que la sécheresse et la disponibilité en eau font peser sur l'exploitation d'une ferme. Par conséquent, qu'il s'agisse d'acquérir une ferme individuelle ou d'investir dans un portefeuille de terres agricoles regroupées, il est essentiel de prendre en compte ces facteurs pour évaluer le risque relatif que la disponibilité en eau représente pour l'exploitation future et la performance à long terme des fermes. 

Géographie et avantages liés à l'eau au Canada 

Alors qu’un nombre croissant d’investisseurs avertis souhaitent s’exposer aux attributs attrayants des terres agricoles et de l’agriculture, comme pour tout, il existe des risques qui doivent être pris en compte. La rareté de l’eau constitue un défi majeur pour les systèmes agricoles du monde entier et les changements climatiques ainsi que les pratiques existantes de gestion de l’eau exigent notre attention à l’échelle mondiale. Les recherches suggèrent que 40% des terres cultivées dans le monde ont déjà connu une pénurie d'eau.(1) L’agriculture reste l’un des plus grands utilisateurs d’eau au monde, représentant 70% des prélèvements d’eau mondiaux actuels.(2) Lors de l’évaluation d’un investissement potentiel dans des terres agricoles, il est important de prendre en compte la géographie, car certains pays connaissent (et devraient continuer de connaître) un stress hydrique plus important que d’autres. Pour cette raison, Bonnefield estime qu’investir dans les terres agricoles canadiennes comporte moins de risques de pénurie d’eau que les investissements dans d’autres pays et peut également se prémunir contre le risque lié à l’eau dans un portefeuille d’investissement plus large.  

Le Canada bénéficie d'un avantage considérable en matière de ressources en eau par rapport aux autres régions du monde, avec environ 20 % des réserves mondiales d'eau douce et 7 % des réserves mondiales d'eau douce renouvelable, alors qu'il ne représente que 0,5 % de la population mondiale.(4) Selon les estimations, environ 11 % des terres cultivées existantes dans le monde pourraient être vulnérables à une perte de productivité due à la rareté de l'eau d'ici 2050. En revanche, on estime que seulement 1 % des terres cultivées du Canada sont potentiellement vulnérables.(5)  De plus, les terres agricoles canadiennes sont en grande partie pluviales, avec moins de 2% de l'agriculture canadienne dépendant des systèmes d'irrigation.(6)

   

Bien que le Canada présente un risque de pénurie d'eau moindre que d'autres régions, certaines parties du pays (notamment dans l'Ouest canadien) sont plus exposées aux risques et connaissent des épisodes de sécheresse. Il est donc important d'en tenir compte lors de la constitution d'un portefeuille de terres agricoles. Chez Bonnefield, nous n'évitons pas ces régions, mais adoptons plutôt une approche ajustée au risque pour évaluer ces opportunités. Nous examinons également les sources d'eau et la capacité de stockage des différents districts d'irrigation et utilisons des modèles climatiques pour estimer l'impact potentiel des pénuries d'eau dans chaque district, garantissant ainsi que les propriétés de notre portefeuille continueront de recevoir une allocation d'eau en cas de restrictions. La compréhension de la variabilité régionale des conditions climatiques, en particulier des zones plus ou moins exposées à la sécheresse, est essentielle à la stratégie d'investissement de Bonnefield. Cette stratégie vise à diversifier judicieusement les avoirs en terres agricoles à travers le pays et à protéger le portefeuille des aléas climatiques. 

Utiliser des pratiques pour atténuer les risques liés à l’eau 

Bien que le Canada ait un accès relativement fiable aux ressources en eau douce, les périodes prolongées de sécheresse peuvent encore avoir un impact négatif sur les rendements agricoles. En tant que tel, il est important d’être exposé à des terres agricoles bien gérées avec des pratiques de haute qualité conçues pour garantir une production durable à long terme. Grâce à des pratiques innovantes, les agriculteurs canadiens ont réussi à améliorer la rétention d'eau dans le sol, atténuant ainsi les effets de la pénurie d'eau. En 2021, près de 651 TP3T de fermes à travers le Canada ont déclaré utiliser des pratiques agricoles durables, contre 541 TP3T lors du précédent Recensement de l'agriculture cinq ans auparavant.(7)  Chez Bonnefield, nous travaillons et recherchons des partenaires agricoles qui emploient des pratiques agricoles durables et fonctionnent comme des gestionnaires à long terme des terres sur lesquelles ils opèrent. Voici quelques stratégies clés utilisées par les agriculteurs canadiens : 

Travail du sol réduit : 

L’une des pratiques les plus efficaces est le travail réduit du sol ou l’agriculture sans labour. L'agriculture sans labour, où le sol n'est ni labouré ni retourné avant la plantation, minimise la perturbation du sol et améliore la rétention d'eau. Au Canada, l'agriculture sans labour est plus courante dans les Prairies, car des volumes de précipitations plus élevés dans l'Est du Canada peuvent rendre difficile la mise en œuvre de l'agriculture sans labour. 

Systèmes d’irrigation améliorés : 

Les agriculteurs canadiens ont adopté des technologies d'irrigation avancées, telles que les systèmes à pivot à basse pression, l'irrigation goutte à goutte et l'irrigation souterraine, pour gérer l'eau plus efficacement. Ces systèmes sont souvent combinés à des sondes et des capteurs de sol qui permettent aux agriculteurs d'appliquer de l'eau à des taux variables dans les champs afin de maximiser la production agricole par unité d'eau. 

Rotation des cultures et cultures de couverture : 

La rotation des cultures et les cultures de couverture font partie intégrante des systèmes agricoles canadiens depuis des décennies, contribuant à la santé des sols et à la rétention d'eau. La rotation des cultures aide à briser les cycles des ravageurs et des maladies tout en améliorant la structure du sol. Les cultures de couverture protègent le sol de l’érosion, améliorent la teneur en matière organique et favorisent l’infiltration de l’eau. 

Sélection de cultures tolérantes à la sécheresse:

Les variétés cultivées optimisées pour les conditions locales de sol, d'eau et de climat peuvent améliorer les rendements. Plus précisément, la sélection de plantes ayant des systèmes racinaires plus profonds et plus étendus peut accroître leur résistance à la sécheresse et à la chaleur.(8) Les agriculteurs canadiens se tournent vers des cultures plus résistantes à la sécheresse, comme l'orge, dont la superficie plantée a augmenté de près de 25% entre 2016 et 2021.(9) De plus, la diligence raisonnable solide et continue de Bonnefield au niveau des propriétés ouvre la voie à des investissements transformateurs.  

Alors, les sécheresses et la pénurie d’eau sont-elles un risque dans l’investissement dans les terres agricoles ? 

Nous avons posé plus tôt la question de savoir s’il existe un risque croissant associé à l’investissement dans l’agriculture et les terres agricoles en raison de la pénurie d’eau. Comme indiqué ci-dessus, la réponse dépend d'un certain nombre de facteurs, notamment de l'emplacement des terres agricoles, des pratiques d'atténuation des risques et des investissements effectués dans les propriétés. En se concentrant sur les régions présentant un risque hydrique relativement faible et en garantissant que les exploitations agricoles sont exploitées de manière durable, les terres agricoles restent un actif attrayant et susceptible d'offrir des caractéristiques de couverture du risque hydrique et une valeur à long terme dans un portefeuille d'investissement.     

Aboà Bonnefield Financial 

Bonnefield est un chef de file canadien de la gestion d'investissements en capital naturel, spécialisé dans les terres agricoles et les entreprises agroalimentaires. Nous offrons du capital aux agriculteurs et exploitants agroalimentaires progressistes par le biais de financements fonciers et de prises de participation minoritaires. Bonnefield s'engage à préserver les terres agricoles et à promouvoir des pratiques de production durables. La firme collabore avec des agriculteurs et des exploitants agroalimentaires ambitieux pour les aider à croître, à réduire leur endettement et à financer leur retraite et la relève. Ses investisseurs sont des particuliers et des investisseurs institutionnels qui croient en l'avenir à long terme de l'agriculture canadienne. www.bonnefield.com   

Sources 

1.  Liu, Xingcai, et al., “ Évaluation mondiale de la rareté de l’eau agricole intégrant la disponibilité en eau bleue et verte dans le contexte des changements climatiques futurs ”, AGU, 23 avril 2022. 

2. FAO. 2020. La situation de l’alimentation et de l’agriculture 2020. Relever les défis liés à l’eau dans l’agriculture. Rome. https://doi.org/10.4060/cb1447fr 

3. World Resources Institute, données du 26 août 2015. Les projections sont basées sur un scénario de statu quo utilisant SSP2 et RCP8.5. 

4. Environnement et Changement climatique Canada (22 mars 2024). Objectif 6 : Garantir une eau propre et salubre pour tous les Canadiens. Canada.ca. https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/changement-climatique/strategie-federale-de-developpement-durable/objectifs/eau-propre-assainissement.html 

5. N. Fitton et al., “ La vulnérabilité des terres agricoles et de la production alimentaire face à la future pénurie d'eau ”, Global Environmental Change, volume 58, 2019 

6. Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture – Base de données FAOSTAT sur l'utilisation des terres (terres agricoles totales et superficie totale équipée pour l'irrigation ; données à partir de 2021). 

7. Fédération de l’agriculture de l’Ontario. “ Les agriculteurs adoptent la technologie, les pratiques durables et la vente directe aux consommateurs ”, 19 mai 2022. 

8. Anita, S., Hyat, T., et Wilhelmus, J. PGIM. “ Matière à réflexion : opportunités d’investissement dans un système alimentaire en mutation ” 2023. 

9. Fédération de l’agriculture de l’Ontario. “ Les agriculteurs adoptent la technologie, les pratiques durables et la vente directe aux consommateurs ”, 19 mai 2022.   

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