Lorsque nous avons fondé Bonnefield il y a dix ans, nous avions délibérément pour objectif de concevoir un modèle commercial qui créerait de la valeur pour nos investisseurs en créant de la valeur pour les agriculteurs. Nous croyions alors, et croyons encore plus fermement aujourd'hui, que la création de valeur pour les agriculteurs se traduit naturellement par une création de valeur pour nos investisseurs dont nous gérons les portefeuilles de terres agricoles ; un gagnant-gagnant pour les investisseurs et les agriculteurs. La création de valeur pour les agriculteurs se manifeste de diverses manières : par une flexibilité financière, une rentabilité accrue, une durabilité améliorée et par des contributions aux communautés agricoles locales partout au Canada.

Nous avons codifié notre approche dans une politique d’investissement responsable (disponible ici) et nous surveillons et suivons activement les aspects environnementaux et sociaux de nos activités d'investissement, propriété par propriété, dans nos rapports annuels aux investisseurs. Nous avons également tenté de mener un débat plus large au sein de la communauté agricole canadienne sur les avantages de l'investissement responsable par le biais d'événements publics tels que des assemblées publiques locales, des conférences éducatives, des conférences publiques, des visites de fermes, des commandites de documentaires et en participant à des discussions politiques avec des fonctionnaires gouvernementaux et des universitaires. En 2014, Bonnefield a été le premier gestionnaire de terres agricoles canadien à devenir signataire des Principes pour l'investissement responsable des Nations Unies.

Dans ce contexte, il a été gratifiant pour nous de constater que d’autres investisseurs adoptent une approche durable du secteur agricole. Au cours du seul trimestre écoulé, nous avons assisté à une dynamique très médiatisée dans le domaine de l’investissement agricole durable. Il semble que des mesures prometteuses soient prises par les investisseurs pour résoudre certains des problèmes de durabilité à long terme auxquels sont confrontés les systèmes de production alimentaire mondiaux, et nous espérons que cette tendance émergente deviendra un vaste mouvement. Quelques exemples:

  • Un groupe d'investisseurs influents, dont Bill Gates, Jeff Bezos, Ray Dalio, Richard Branson et Michael Bloomberg, ont collaboré pour former un fonds d'investissement nommé Breakthrough Energy Ventures (BEV). Le cabinet propose du capital patient aux entreprises à fort potentiel d’impact et qui visent à résoudre des enjeux mondiaux majeurs. Le mois dernier BEV a mené un cycle d'investissement dans Pivot Bio, une entreprise agricole travaillant sur les microbes fixateurs d'azote visant à réduire l'utilisation d'engrais et, par conséquent, les impacts environnementaux et les coûts d'exploitation pour les agriculteurs.
  • L'Environmental Trust de Jeremy Grantham a également mené un cycle d'investissement dans le domaine agricole. En octobre, la confiance investi dans Land Life Company, une entreprise technologique dont l’objectif est de réduire la dégradation mondiale des sols. Ils continueront à travailler sur des projets qui répondent à leurs objectifs en proposant des technologies telles que la plantation autonome, la télédétection et la vérification de la blockchain. Grantham, co-fondateur de la société d'investissement de $70 milliards GMO Capital (et que j'ai fréquemment cité dans mes articles de blog), a catégoriquement a exprimé l'importance d'investir dans l'agriculture durable car le changement climatique, la rareté des terres et l’évolution des régimes alimentaires dans les pays en développement risquent de menacer notre système alimentaire mondial.

Ces histoires témoignent d’une tendance croissante : les investisseurs accordent davantage d’attention aux résultats environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) de leurs investissements agricoles. Selon le dernier rapport sur les tendances de l'Association pour l'Investissement Responsable (IR), plus de la moitié du secteur de l'investissement au Canada prend en compte les facteurs ESG dans ses décisions d'investissement, ce qui représente plus de 1 400 milliards de milliards de dollars d'actifs sous gestion.

L’investissement d’impact va encore plus loin dans le mandat ESG en promouvant des résultats spécifiques à l’investissement dans un cadre d’investissement responsable. L'Association pour l'investissement responsable souligne que l'investissement d'impact au Canada a augmenté de plus de 60% (tel que mesuré par les actifs sous gestion) au cours des deux dernières années seulement. Les investisseurs visent visiblement à apporter une contribution positive à la société tout en générant des rendements attractifs. Les investisseurs alignent leurs portefeuilles sur leurs valeurs et allouent leurs actifs au progrès social et environnemental ainsi qu’au profit.

Nous sommes heureux de constater que l’investissement à impact est en train de passer d’une platitude molle et floue à la place qui lui revient en tant que principe fondamental respecté des meilleures pratiques financières mondiales.

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